Pourquoi une procédure d’expulsion ?
1. Parce que le propriétaire veut vendre ou reprendre son logement à la fin du bail et que le locataire
ne veut pas quitter les lieux après que lui a été notifié un congé [1].
2. Parce que le locataire n’a pas payé ses loyers, quel
que soit le montant, ou parce qu’il n’a pas respecté
ses obligations d’occuper paisiblement le logement.
Premières étapes de la
procédure
(on n’examinera que
l’hypothèse la plus
courante : le non-paiement
des loyers.)
• premier acte : un « commandement de payer » sous deux
mois est adressé par huissier au
locataire, avec un rappel du montant de la dette et un rappel de la
clause du contrat de bail qui met
fin à celui-ci en cas de non-paiement des loyers.
• second acte : l’huissier délivre
une « assignation à comparaître »
à une certaine date devant le
Tribunal d’Instance. Depuis la loi
contre les exclusions de 1998, l’assignation doit être transmise au
Préfet. Le Préfet peut faire faire
une enquête sociale pour éclairer le
juge.
Quatre mois minimum doivent
s’écouler entre le commandement
initial (premier acte) et la date de
l’audience au tribunal précisée
dans l’assignation à comparaître.
Ce que le locataire peut et doit faire à ce stade
Il peut aller devant le juge sans avocat. Il faut toujours aller à l’audience. Si le locataire ne s’y rend pas, il risque fort de ne pas être au courant du jugement et de perdre ses possibilités d’appel.
S’il y va, que peut-il faire ?
1. Il peut demander au juge des délais de paiement. Le juge peut accorder 24 mois pour payer le
retard de loyer. Mais il peut aussi spécifier que si
une échéance n’est pas respectée, le bail est résilié
automatiquement sans nouveau passage devant le
juge, et l’expulsion devient possible.
2. Le locataire peut démontrer que le logement est
en très mauvais état. Il lui faut pour cela demander
un constat au service d’hygiène de la ville, s’il existe,
ou à un huissier. Le locataire opposera alors devant
le juge l’exception d’inexécution de ses obligations
par le propriétaire, ce qui « justifie » le non-paiement partiel ou total des loyers. Le juge pourra alors
ne pas résilier le bail, donc ne pas expulser, et
condamner le propriétaire à faire des travaux et Ã
payer des dommages-intérêts au locataire.
Si le juge décide la résiliation du bail
Le juge peut rendre une ordonnance ou un jugement qui résilie le bail. L’huissier délivre alors au
locataire un acte l’informant de cette décision.
Si le locataire n’est pas chez lui pour recevoir le
document de l’huissier, ce dernier laisse un courrier
demandant au locataire de venir chercher l’acte à la
mairie ou à son étude. S’il n’y va pas, il risque de
perdre le délai d’appel, qui est très court : à partir de la signification par l’huissier, le locataire dispose de quinze jours (en cas d’ordonnance) ou un
mois (en cas de jugement) pour faire appel du jugement d’expulsion.
S’il n’y a pas d’appel, le jugement d’expulsion est
définitif.
Lorsque le jugement d’expulsion
est définitif
L’huissier va délivrer un commandement de quitter
les lieux dans les deux mois.
Le locataire ne peut plus contester le jugement, mais
il peut éviter l’expulsion en saisissant le juge afin
d’obtenir un délai pour partir.
Les cas d’obtention d’un délai sont prévus par la
loi : il est fonction de l’âge, de la situation de famille,
des efforts pour retrouver un logement, de la situation du propriétaire, des efforts faits pour régler
l’arriéré de loyers, etc.
Si le juge n’accorde pas de délai, le locataire est
expulsable du jour au lendemain, hors période
hivernale.
Que faire lorsque l’on est expulsé
Dès que le jugement est rendu, il faut déposer un dossier DALO (« Droit Au Logement Opposable »), car les locataires expulsés sont classés prioritaires et urgents. La commission de médiation du DALO doit donner une décision favorable à leur demande de relogement.
L’expulsion
L’huissier ne peut pas expulser si le locataire n’est
pas présent.
Si le locataire est présent, il peut refuser de partir. C’est
légal. La difficulté est psychologique, car il est dur
de résister à la pression, et l’huissier impressionne.
S’il y a refus de quitter les lieux, l’huissier va demander au préfet le concours de la force publique.
L’huissier va venir avec la police.
En principe, si le préfet accorde le concours à la
force publique, un courrier est envoyé à l’occupant
expulsable pour le prévenir.
Coût de l’ensemble du processus depuis la première
étape : au moins 300 euros dus à l’huissier pour les
actes et au moins 2 500 euros pour l’expulsion elle-même (à la charge du locataire).
Le dossier de surendettement
Quand le locataire se retrouve
dehors et dépassé par des dettes
de loyers insurmontables, il lui
faut faire un dossier de surendettement auprès de la Banque de
France. Depuis la procédure de
rétablissement personnel instituée
en 2003, c’est une solution pour
effacer des dettes.
Les étapes :
• si la Banque de France estime
que le débiteur a des ressources,
elle établit un échéancier,
• si elle estime qu’il ne peut rien
payer, un délai de deux ans peut
être accordé au débiteur sans qu’il
n’ait à faire aucun versement,
• au bout de deux ans (ou même
dès le départ si le débiteur est
insolvable), on fait à nouveau le
point. S’il n’y a toujours aucune
ressource, le juge prononce le
rétablissement personnel, c’est-
à -dire que l’on efface les dettes.
Ont contribué à cette page : Jean-Yves Guéranger, responsable avec Miguel de Sousa du Secrétariat Habitat-ville d’Atd Quart Monde, Christophe Werquin, avocat, et le groupe « Accès aux droits fondamentaux » d’Atd Quart Monde à Lille.
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1er juin : ouverture d’une plate-forme téléphonique « Allo Prévention Expulsions » Devant l’évolution du nombre de procédures d’expulsions du domicile qui représentent autant de drames, et face à l’aggravation de la situation économique qui fait basculer les ménages les plus fragiles vers l’impayé de loyers, la Fondation Abbé Pierre ouvre un numéro AZUR : le 0 810 001 505. Ce service d’aide et de soutien proposera une information aux familles en difficulté, ainsi qu’aux propriétaires modestes, confrontés aux impayés de loyer. Ils seront guidés dans des démarches juridiques et sociales visant à prévenir l’expulsion. Ce service pourra également orienter certaines familles vers des associations qui les accompagneront localement. |







